Comment déceler un Alzheimer précoce?

mis en ligne le 10/09/2021 par Michele

Comment déceler un Alzheimer précoce?

 

 

La maladie d’Alzheimer comme les autres maladies neurodégénératives sont souvent considérées comme des maladies « de vieux ». Pourtant, certains sujets jeunes sont touchés et confrontés à cette maladie : le plus jeune Français atteint de la maladie d’Alzheimer est âgé de 24 ans.

Selon les études, près de 3 % des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ont moins de 60 ans.

Qu'est-ce qui favorise un alzheimer précoce ?

Selon le Dr Claire Paquet, neurologue au Centre mémoire de ressources et de recherches (CMRR) de l’hôpital Lariboisière Fernand-Widal à Paris et référente médicale pour les malades jeunes, lorsque la maladie d’Alzheimer survient jeune, les maladies neurodégénératives sont dues à des raisons familiales : des facteurs génétiques perturberaient depuis la naissance le métabolisme d’une protéine et deviendraient pathologiques.

Pour la maladie d’Alzheimer, 1 à 3 % seraient des formes familiales.

Quels sont les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer lorsque l'on est jeune ?

Chez les jeunes, la maladie d’Alzheimer peut débuter par :

► Des troubles visuels : difficulté à reconstruire son espace, difficulté à percevoir la 3D ou visualiser un trajet

► Des troubles du langage : difficulté à construire des phrases, à trouver ses mots ou à comprendre ses interlocuteurs

► Un comportement : dépression, anxiété anormale…

Les symptômes de la maladie d’Alzheimer semblent évoluer plus vite chez un sujet jeune. Même si le premier symptôme décelé restera prédominant, la mémoire sera touchée ainsi que d’autres capacités comme les capacités spatio-temporelles, l’utilisation des objets…

Détecter, établir un test et diagnostiquer les signes de l'Alzheimer en âge précoce

Déceler la maladie d’Alzheimer précoce est difficile, car le diagnostic est tardif en raison des formes atypiques de cette maladie, moins connues.

Aussi, selon l’enquête menée par Vaincre Alzheimer, 45 % des Français ne souhaiteraient pas subir d'examens médicaux s’ils présentaient des troubles de la mémoire en raison de l’absence de traitement curatif, la peur de l’annonce du diagnostic, le manque d’information sur la maladie.

Pourtant, un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer établi par un médecin est une avancée majeure, permettant une meilleure prise en charge et une gestion au quotidien.

Pour diagnostiquer la maladie chez des sujets jeunes, une ponction lombaire peut être réalisée. La présence de la maladie est détectée par l’analyse du liquide céphalo-rachidien. Une imagerie cérébrale peut aussi être utile pour détecter certains troubles amnésiques du cerveau. Une incontinence urinaire peut aussi s'avérer comme un symptôme de la maladie d'Alzheimer.

Par ailleurs, un nouveau test sanguin a été mis au point par les chercheurs dans le but de dépister des protéines anormales circulant dans le sang, existant à un stade précoce de la maladie d’Alzheimer.

Diagnostiquer la maladie pour ralentir sa progression

Le dépistage de la maladie d’Alzheimer se fait en 3 étapes :

  1. Le diagnostic qui consiste à étudier les plaintes du patient et de ses proches comme les oublis, le rapport spatio-temporel, les changements dans les habitudes de vie, les troubles de l’humeur…
  2. La prise de connaissance des résultats du bilan neuropsychologique afin de détecter les troubles cognitifs liés à la maladie d’Alzheimer.
  3. Le diagnostic sur les marqueurs biologiques. L’analyse des IRM pour mesurer l’atrophie du lobe temporal et autres structures anatomiques et fonctionnelles du cerveau ainsi que le TEP pour mesurer la baisse de la consommation de glucose, reflet d’une baisse du métabolisme neuronal observée dans la maladie d’Alzheimer est utilisée pour confirmer les hypothèses.

Diagnostiquer la maladie d’Alzheimer précocement est important et déterminant, car les traitements peuvent être mise en place assez tôt, accompagné d’un suivi préventif pour ralentir les symptômes notamment en travaillant les facultés cognitives et la mémoire.

Un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer permet aussi de construire un environnement sain et adapté pour la personne atteinte, prendre des décisions et préparer l’après-diagnostic.

Des structures adaptées comme les EHPAD ou les EHPAD Alzheimer accueillent les personnes âgées de plus de 60 ans pour une prise en charge adaptée et un accompagnement personnalisé. Des dérogations, sous conditions, sont possibles pour l’accueil de personnes âgées de moins de 60 ans.

Quels sont les différents stades de la maladie d'alzheimer ?

Voici une liste de conseils à appliquer en fonction de l'évolution de la maladie, et permettant d'améliorer le quotidien du malade et de la famille :

Au stade léger :

- L'orthophonie permet au patient de travailler les réflexes préservés, de développer des stratégies de compensation des difficultés de ses fonctions cognitives, d'aider à maintenir les capacités à communiquer. Sur prescription médicale, elles sont remboursées à 100 % par la Sécurité sociale dans le cadre de l’affection longue durée (ALD).

- Les programmes d’éducation thérapeutique du patient ont pour objectif de proposer une aide sociale et mentale avec l'objectif de mieux accepter sa maladie : un partage des expériences, des échanges et la co-construction de réponses sont notamment utilisés pour améliorer la santé mentale du patient. Pour en bénéficier gratuitement, il suffit de s’adresser à l’association France Alzheimer de votre département.

- Les séances de réhabilitation et d’accompagnement à domicile permettent de favoriser la participation du patient dans les activités quotidiennes, de maintenir ses fonctions cognitives, moteurs, sensoriels et communicatifs. Cela permet aussi de l’encourager et de le soutenir moralement. Avec un certificat médical (15 séances par an et par personne au maximum), les séances sont assurées par des équipes spécialisées Alzheimer (ESA) et sont totalement prises en charge par la Sécurité sociale.

- Les hôpitaux de jour proposent aussi des activités sociales de rééducation de la mémoire des souvenirs, du langage, des mouvements. Sur prescription médicale, cette solution est remboursée à hauteur de 100 % par la Sécurité sociale.

Au stade intermédiaire :

- L’intervention d’un gestionnaire de cas répond aux situations complexes observées par les médecins déjà en place. Non soumis à prescription médicale, cette solution est gratuite.

- Un infirmier libéral ou un service de soins à domicile (SSIAD) permet d'améliorer la prise des médicaments, mais aussi l’autonomie des soins de toilette. Sur prescription médicale, elle est prise en charge par la Sécurité sociale.

- L’unité cognitivo-comportementale (UCC) prend en charge temporairement des patients malades subissant d'importants troubles du comportement. Avec une prescription médicale, la Sécurité sociale prend totalement en charge ce dispositif.

- Le service d’aide à domicile permet au patient de ne pas s'occuper des tâches ménagères et d'encourager les actions quotidiennes. Une prescription médicale n’est pas nécessaire et il est possible d’en profiter grâce au plan d’aide APA, qui définit le nombre d’heures nécessaires de l'aide à domicile, en fonction du degré d’autonomie évalué.

- L’accueil de jour propose plusieurs activités sociales par semaine aux patients malades pour leur permettre de sortir de leur isolement. Pour profiter de cette aide, il est nécessaire de compléter un dossier d’admission accompagné d’un certificat médical. Le plan d’aide APA peut prendre une partie en charge de ce dispositif, comblé en cas de reste à charge par la caisse de retraite, la mutuelle, une assurance ou encore certaines aides extra-légales des communes.

Au stade sévère :

- Les établissements d’hébergement pour personnes âgées, dépendantes (Ehpad) proposent des d’unités spécifiques pour accueillir des patients malades de la maladie d'Alzheimer. Des pôles d’activités et de soins adaptés (PASA) et unités d’hébergement renforcé (UHR) ont été mis en place avec l'objectif de prendre en charge les patients. L’unité de soins de longue durée (USLD) est quant à elle consacrée aux malades polypathologiques.

- L’hébergement familial permet à un patient d’être accueilli au domicile d’un accueillant familial agréé par les services du département. Les deux parties signent un contrat fixant les conditions matérielles, humaines et financières de l’accueil : la famille d'accueil reçoit une indemnisation en échange de leurs services.

- L’équipe mobile de soins palliatifs, en collaboration avec un établissement de santé, exerce une activité transversale au sein de l’établissement de santé avec lequel elle collabore. Les aidants se déplacent au domicile du malade et auprès des soignants. Son rôle se caractérise par le conseil et le soutien les équipes soignantes ainsi que la participation à la diffusion de la culture palliative. Pour en bénéficier gratuitement, il vous suffit de demander une prescription médicale, qui sera par la suite remboursée intégralement par la Sécurité sociale.

- L’hospitalisation à domicile (HAD) permet de pratiquer certains soins techniques et intensifs directement au domicile de la personne malade (7/7, 24/24), ce que le secteur libéral n’est pas en mesure de prendre en charge. Avec une prescription médicale, la solution totalement remboursée par la Sécurité sociale.

Quels sont les Traitements pour faire face à la maladie d'alzheimer en France ?

Actuellement et avec les recherches scientifiques actuelles, il n'y a pas de traitements qui permettent de traiter un patient complètement la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs réfléchissent au développement de traitements qui garantiraient une amélioration directe sur les lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer sur le cerveau du patient. Ils ont l’espoir d’obtenir de meilleurs résultats afin d'améliorer les facultés cognitives des malades rendre leur vie quotidienne plus supportable.

La principale piste de recherche pour développer un traitement contre la maladie d’Alzheimer mène à l’immunothérapie. Elle a pour objectif l'élimination de peptide bêta amyloïde et de la protéine Tau. Les médecins travaillent également sur un traitement utilisable en phase précoce de la maladie, et qui permettrait de l'empêcher de se déclarer. En effet, les lésions sont présentes plusieurs années avant l’apparition des symptômes, et il serait donc possible d'anticiper certains cas sous forme de dépistage.

L'amélioration du quotidien du patient est donc pour le moment le meilleur remède face à cette maladie, dont la science n'a pas encore su apporter de réponse définitive. De plus, un dépistage tôt peut considérablement aider le patient à garder des souvenirs et de ne pas subir une chute de l'altération de ses capacités trop rapide. Cela peut permettre un allongement de la durée de l'espérance de vie du malade, ainsi qu'une diminution des risques de perte progressive rapide de la mémoire.

Quelle espérance de vie avec la maladie d'alzheimer ?

En moyenne, une personne atteinte de la maladie d'alzheimer a une chance de survie estimée entre huit à douze années. Cela dépend généralement de l'âge et de l'état de forme physique du patient lors du diagnostic.

 

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Profile Michele
Rédactrice : Michele

Agée de 54 ans, Michèle est responsable de la rédaction des actualités et dossiers sur le thème de l'immobilier et de l'hébergement pour seniors. Après avoir travaillé 10 ans au sein d'une maison de retraite, Michèle souhaite, à travers ses écrits, informer et guider les seniors vers une solution adaptée à leur profil et à leurs besoins.

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